mercredi 15 septembre 2010

Formation professionnelle en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle en Belgique

Descriptif de la formation

Ce cycle de formation professionnelle à l’analyse transgénérationnelle a été construit en réponse aux besoins des (futurs) professionnels de l’accompagnement thérapeutique et/ou social souhaitant élargir leur champ de compétences en y incluant une approche familiale systémique et psychanalytique.
Bon nombre des situations douloureuses que chacun d’entre nous vit aujourd’hui tirent leur origine de traumatismes vécus par nos ancêtres. Ces situations traumatisantes, non solutionnées à l’époque de par un contexte socio-historico-religieux spécifique, influencent inconsciemment nos choix de vie et nous plongent dans un schéma de loyauté transgénérationnelle parfois invalidant.
L’objectif de ce cours est donc de permettre aux participants d’acquérir un premier niveau de maîtrise des outils tirés de l’enseignement de la psychiatre Anne Ancelin Schutzenberger ainsi que de la pratique professionnelle de la formatrice, outils qu’ils expérimenteront sur leur propre processus avant de l’appliquer à un public plus large. Cette formation se veut donc interactive et calquée sur la réalité professionnelle et personnelle des participants.

A l’issue de cette formation, les participants seront en mesure de/d’ :

• percevoir l’influence des traumatismes antérieurs non solutionnés dans le développement de problématiques psychiques et comportementales ;
• maîtriser et superviser la réalisation d’un génogramme spontané ainsi que d’un génosociogramme ;
• identifier les transmissions transgénérationnelles conscientes et inconscientes ;
• mettre en évidence le projet-sens ou la perception de ce dernier par rapport aux attentes parentales inconscientes ;
• comprendre la dynamique psychique des secrets de famille ;
• identifier les courts-circuits psychiques du système familial et confronter ces derniers à leur contexte socio-historique spécifique ;
• appréhender l’expression symbolique des troubles du comportement et accompagner dans un essai de résolution ritualisée de ces problématiques ;
• comprendre, soutenir puis accompagner le corps émotionnel de leur patient dans le cadre de son processus individuel ;
• définir puis appliquer le cadre déontologique nécessaire à la pratique de l’analyse transgénérationnelle ;
• enrichir leur pratique professionnelle de leurs expériences, connaissances et vécus propres.

Contact

Pour tout renseignement ou information complémentaire, n’hésitez pas à vous adresser à Espace Equilibre au 0032 (0)87/22.97.87 ou à Virginie Stevens par téléphone au 00352 621 21 85 78 et par email à l’adresse vs@virginiestevens.com.

dimanche 18 juillet 2010

Dire non, mission impossible ?

Qu'il est parfois difficile de dire non, n'est-ce pas ? Il n'est pas toujours de bon ton socialement d'opposer un refus à une demande qui nous est soumise, que celle-ci soit justifiée ou pas. En observant les parents autour de moi, je constate que le processus d'éducation se réalise très souvent dans la contrainte. Les enfants et adolescents sont confrontés aux attentes de leurs parents en matière de bienséance, de tenue à table, de pertinence des activités ou simplement de façon de communiquer. "Tiens-toi droit !", "Non tu ne te maquilleras pas !", "Fais ceci, fais cela...". Et si des limites comme un cadre éducatif sont nécessaires, je ne le nie pas, peu d'explications sur le pourquoi du comment accompagnent ces pseudo ordres parentaux. "C'est comme cela, toi mon enfant tu dois plier et m'obéir !", "Tant que tu vivras sous mon toit, tu feras ce que je te dis !"
Parce que les parents n'ont eux-mêmes jamais appris à identifier ce qui les anime vraiment et à tenir compte de leurs besoins, ils déposent sur les épaules de leurs enfants le poids bien lourd de leurs souffrances personnelles. Face à ces injonctions dénuées de sens, les enfants peuvent réagir de plusieurs manières dont voici une liste non exhaustive:
  1. La soumission : La pression étant tellement intense, les enfants sont contraints de céder et refoulent à l'intérieur d'eux-mêmes leurs attentes personnelles. Ils cèdent. Et s'ils osent en même temps exprimer leur mécontentement (qui n'est qu'un dérivé de la colère...), celui-ci est souvent rejeté par les parents qui l'appréhendent comme une forme de rébellion. Alors, l'enfant mord sur sa chique, ravale sa colère et l'encrypte au niveau psychique. Elle n'a pas disparu, sachez-le. Cette émotion va aller se nicher non loin sous la surface de l'inconscient et attendra le moment idéal, peut-être même l'âge adulte, pour s'exprimer (au sens "sortir de..."). Avec d'éventuels dommages collatéraux... Cette soumission contrainte va créer de futurs adultes en souffrance qui auront bien du mal à tenir compte de leurs besoins, ceux-ci ayant été reniés au moment de leur développement.
  2. La rébellion : Face à une autorité qu'ils jugent abusive, même si au départ elle provenait d'une bonne intention, les enfants se cabrent. Le conflit est frontal ou dissimulé mais il est bien présent. Les enfants refusent en bloc la pression qui leur est déposée et l'intensité du rejet accompagné de son émotion va les rendre incapables d'isoler la demande qui leur est faite d'un contexte précis. Ainsi, si ses parents demandent arbitrairement à l'adolescente de quinze ans de ne pas sortir avec un décolleté plongeant mettant en valeur son bonnet C tout neuf, celle-ci sans explication, ressentira cet interdit comme limitatif et terriblement injuste. Pourquoi en effet est-ce interdit ? Son réflexe de rebelle sera simplement de se mettre en colère le cas échéant et de sortir en claquant la porte (belle rupture de communication en soi...), voire de dissimuler son fameux décolleté le temps nécessaire de n'être plus à vue de ses parents. Une fois en rue, elle retirera son pull et le résultat final, interdit ou pas, sera le même.
  3. L'indifférence : Cette forme de fuite se construit sur un pseudo détachement psychique de l'enfant face à la pression parentale. Il est là sans être là et c'est en se déconnectant de son corps qu'il va pouvoir affronter son enfance comme une peine de prison dont l'issue se situe au mieux à dix-huit ans, au pire à la fin de ses études. Cette indifférence va venir gangréner la qualité de la relation entre l'enfant et ses parents mais aussi empêcher le futur adulte de vivre en conscience, car il aura tendance à se déconnecter de lui-même face à une difficulté. Contrairement à la soumission qui est un processus conscient, l'indifférence se tisse majoritairement à un niveau inconscient.

Dire non est difficile car nous ne l'avons jamais appris et que certaines programmations sont intégrées au plus profond de nos cellules. Les causes à cette difficulté sont multiples mais résident toujours dans un programme de notre mémoire vive qui disfonctionne parce qu'il n'est pas remis en question. Si ce thème vous interpelle et résonne en vous, je vous encourage à vous interroger sur cette difficulté qui est la vôtre. Quelle en est la cause ? Vous appartient-elle réellement ? Ne serait-il pas intéressant de vous pencher sur cette cicatrice qui se fait parfois sentir douloureusement ?

mardi 22 juin 2010

Vivre un deuil

Tout au long de notre existence, nous sommes confrontés à la perte de ce à quoi nous tenons. Qu'il s'agisse de la mort d'un être proche, de la perte d'un emploi ou d'une séparation amoureuse, le processus psychique à traverser reste identique. Des étapes obligatoires doivent être franchies pour permettre une acceptation de la situation et à terme, que la page se tourne. Si elles ne sont pas vécues en totalité, comme le calice que l'on boit jusqu'à la lie, le processus de deuil n'arrive pas à sa fin.

Pourtant, seuls quelques initiés et professionnels du domaine connaissent ces étapes. Le grand public, confronté à la perte, est souvent quant à lui bien démuni lorsqu'il s'agit de vivre une situation douloureuse. Afin de faciliter la compréhension du processus de deuil, voici quelques brèves explications sur comment fonctionne celui-ci.
  • Le choc : Vous apprenez la perte, quelle que soit sa nature. Vous expérimentez un séisme intérieur, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Vous pouvez à ce moment là avoir l'impression d'être projeté hors de votre corps tellement la secousse est forte.
  • La sidération : Vous restez littéralement bouche bée, comme changé en statue de sel. Aucune analyse de la situation n'est à ce moment possible. Vous êtes comme déconnecté de la réalité. Il est possible que vous expérimentiez une sensation de flottement, de dissociation qui vous empêche de ressentir des émotions. Vous êtes en quelque sorte vidé de tout ressenti.
  • Le déni : Revenant en conscience de votre corps, vous vous trouvez face à la nouvelle qui vous a été annoncée (maladie, mort du conjoint, licenciement, départ de l'être aimé...). Mais il est impossible pour vous de l'admettre. Non, cela n'existe pas. Non, cette situation n'est pas réelle pour vous. Vous niez la réalité même si autour de vous vos proches vous mettent face à elle.
  • Le marchandage : Prenant conscience de la réalité de la perte désormais bien réelle, vous entreprenez une démarche de marchandage avec la vie ou vos interlocuteur. "Reste avec moi mon amour, je vais changer...", "Mon dieu, faites que mon marie revienne à la vie"... Vous tentez par tous les moyens de négocier la réalité qui est trop dure à accepter.
  • La colère et la tristesse : Les émotions dont vous aviez été déconnecté précédemment reviennent ici en force. Un peu comme dans le cas d'un tsunami où la mer qui s'était retirée revient avec une intensité tellement forte qu'elle vous submerge. Vous plongez alternativement dans une colère intense et dans une profonde tristesse qu'il convient de reconnaître, dans lesquelles il faut pouvoir se plonger pour pouvoir en diminuer la pression. Il faut à ce stade pleurer, crier, vous révolter. Même si ces émotions arrivent longtemps après la perte en elle-même et qu'autour de vous, votre entourage pense qu'il est temps de tourner la page. C'est en vivant ces émotions qu'elles perdront leur intensité et vous permettront de glisser lentement et sereinement vers la dernière étape de votre deuil.
  • L'acceptation : Quand la mer s'est calmée, que le calme est peu à peu revenu en vous sans que vous vous en soyiez rendu compte, que les émotions ont été acceptées et vécues, vous arrivez au moment de la pleine et totale acceptation de la perte. Vous pouvez à présent évoquer cette dernière avec sérénité, le souvenir de ce qui a été perdu ne vous blesse plus.

dimanche 20 juin 2010

Searching for a new job ? Reveal what is true for you !

Do you experience blue Mondays ? Don't you feel enough empowered in your professional life ?
One of the first element to take into account is what you really wanna get... Reveal what's the most important thing for you. Thinking about your ideal job will increase the chance to attract it to you in the next few days, weeks or months... That is why getting the right view of your expectations is essential.
Here are some questions you may ask to yourself :
  • If I won the lottery, what would I do ?
  • If I took my "hobby" seriously, how could I make money at it ? How can I expand it ?
  • What would I like to do more of ?
  • What do I want to give my energy life to ? What would truly engage me ?
  • What has been a source of pain in my life ? Is this an area in which I could discover my life's purpose ?
  • What do I need to accomplish before I die ?
  • What is the legacy I wanna leave ?
  • What does everyone say I am really good at ?
  • What do people ask me to do because no one else does it as well ?
  • What talents, skills, abilities show up on a regular basis in my accomplishments ?
If you're interested in that kind of advices, here is a very good book I red several years ago :

SHEERER Robin A., "no more blue Mondays, four keys to finding fulfillment at work", Davies-Black Publishing, 1999.

Etre parent, entre culpabilité et transmission...

La vie de parent, si elle est source de nombreuses joies et découvertes, est loin d'être aussi simple que l'imaginaire collectif ne le voudrait. L'arrivée d'un nouvel habitant dans l'utérus de sa mère amène bien des questions chez celle-ci mais aussi chez l'homme propulsé dans un rôle de père dont il ne comprend pas toujours les tenants et les aboutissants. Il serait tellement facile au moment de l'accouchement que la naissance de l'enfant et la délivrance du placenta se terminent par la mise à disposition d'un mode d'emploi détaillant le "comment faire" avec le petit être vagissant à présent dans nos bras.

Certes, les bonnes âmes se multiplieront autour de nous, nous expliquant expérience à l'appui comment protéger des petites fesses toutes rouges ou comment stériliser un biberon. Mais rares sont celles qui accompagneront dans ce changement majeur de statut qui, pour certain(e)s se fait sentir à la lecture du test de grossesse positif, et pour d'autres une fois le premier cri du nouveau-né déchirant le silence.

Etre maman, être papa, c'est bien plus complexe qu'il n'y paraît et beaucoup d'entre nous se retrouvent seuls face à leurs peurs une fois l'enfant bien réel.

La littérature fleurissant sur le sujet manifeste de plus en plus à notre conscience le fait que nous sommes marqués par ce que nos propres parents ont fait de nous depuis notre naissance. Mon rôle d'analyste transgénérationnelle me pousserait à élargir le débat aux générations qui précèdent mais je le laisse volontairement de côté ici. Quand nous observons l'éducation qui nous a été prodiguée, en isolant les moments forts de celle-ci (moments d'intense joie, douceur de la caresse mais aussi crises et punitions, isolement parfois, fessées aussi...), nous nous rendons compte que nos comportements d'aujourd'hui sont le reflet de ce que nous avons vécu enfants. En reproduisant des situations ou en adoptant la position diamétralement opposée (ce qui équivaut à la même chose...), nous construisons notre vie d'adulte et la relation avec nos propres enfants sur un schéma préexistant. Parfois, tout s'est bien passé et la transmission d'une génération à l'autre est donc aisée. Mais parfois aussi notre relation avec nos parents s'est révélée douloureuse et il nous devient alors bien difficile, consciemment ou pas, de fonctionner en sérénité avec nous-même et avec les autres.

Prenons un exemple concret issu d'un cas clinique qui m'a été soumis. Florent a 38 ans et est papa d'un garçon et d'une fille. Divorcé depuis quatre ans, il est à nouveau en couple avec une jeune femme elle-même maman d'un petit garçon de trois ans. La vie quotidienne de cette famille recomposée n'est pas aussi simple que Florent le voudrait. Il a du mal à communiquer avec ses propres enfants qui lui reprochent le divorce et les relations avec sa nouvelle compagne sont assez houleuses. Très cassante dans sa manière de s'exprimer, elle refuse de s'investir avec les enfants qu'elle voit comme des rivaux dans le coeur de Florent. Celui-ci n'est pas heureux et se renferme tout en explosant de colère quand la pression devient trop forte. En travaillant sur son propre processus thérapeutique, Florent s'intéresse à la manière dont il communiquait avec sa propre mère. Celle-ci, que nous prénommerons Annie, aimait énormément son fils qu'elle étouffait non pas par des câlins mais plutôt par des attentes disproportionnées, le comparant systématiquement à son frère cadet qui était encensé. Florent chercha tout au long de son enfance et de son adolescence la reconnaissance d'Annie qui de son côté ne pouvait exprimer son amour dans la douceur et la sérénité et vivait dans un conflit latent avec lui. En comparant sur papier sa relation avec Annie et celle vécue avec sa compagne actuelle, Florent se rendit compte qu'il s'inscrivait dans un phénomène de reproduction du schéma antérieur. Cherchant à combler son manque de reconnaissance, il s'était choisi inconsciemment une femme dont le mode de fonctionnement rappelait celui de sa propre mère, dans la froideur comme le langage cassant et dévalorisant. C'est en positionnant la lumière sur la véritable blessure d'origine qu'il put soigner cette dernière, se rapprochant de sa mère et prenant symboliquement soin du petit garçon qu'il avait été. L'objectif du travail de Florent ne fut pas de trouver un coupable à son mal-être en la personne d'Annie ou de sa compagne, mais bien de porter à la conscience que ce qu'il cherchait chez cette dernière bien incapable de lui donner (la reconnaissance de lui et de ses deux enfants, l'amour d'une mère...) n'était qu'une tentative de réparation d'un trauma passé.

Exemple intéressant me direz-vous... Mais sommes-nous donc condamnés à souffrir tout au long de notre existence de ces manques de lien avec ceux qui nous ont donné la vie ? Personnellement, je ne le pense pas. Partant du postulat qu'une vie en conscience et en connaissance de soi est la clé du bonheur quotidien, je reste persuadée que le fait de savoir dans un premier temps ce qui s'est passé pour nous plus petits, de comprendre sans juger ce qui a fait que nos parents ont fonctionné ainsi avec nous, puis de réparer symboliquement ce qui a été cassé à l'époque, nous permet de reprendre les rênes de notre vie. Cette dernière phase de réparation ne nécessite pas toujours des grandes manifestations théatrales. Ecrire par exemple une lettre à notre mère ou à notre père, lettre dans laquelle nous exprimons tout ce que nous avons sur le coeur puis brûler ce que nous avons écrit peut parfois suffir à remettre symboliquement de l'ordre dans le système familial.

Car, au fond, que recherchons-nous tous et toutes ? N'est-ce pas le bonheur, la douceur, la reconnaissance et l'amour ? Et si nous commencions à nous les donner à nous-mêmes, juste pour voir ce que ça fait ?

mercredi 16 juin 2010

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé...

L'amour entre deux êtres est un sentiment complexe qu'il est encore bien difficile d'expliquer. Surgissant au détour du chemin, il ne se soumet à aucune règle. Nombre des personnes qui me consultent s'interrogent sur les amours qui émaillent leur existence sans toujours trouver de réponse pertinente à leurs questions. Elles évoquent leurs souffrances, leurs frustrations, leurs attentes face à l'être aimé tout en se révélant souvent incapables de définir ce qu'est réellement l'amour. Je m'arrête aujourd'hui sur ce thème si particulier, chanté depuis des siècles pour à mon tour tenter un essai de définition.
Alors donc, qu'est-ce qu'aimer ?
Je pense qu'il s'agit avant tout d'une alchimie complexe qui se tisse au mépris de toutes les convenances. La recette ne peut se résumer au choix et à la qualité des ingrédients, elle implique une once de magie sans laquelle elle ne peut réussir. Et c'est ce dernier aspect qui, de par sa nature vibratoire, ne peut être contrôlé ou construit. Il recèle une part intuitive et mystérieuse que tous peuvent ressentir et qui fait que, par miracle, le coeur s'emballe ne serait-ce qu'à la lecture du nom de l'être aimé.
A côté de cette influence mystérieuse s'ordonnent des critères plus pragmatiques et disons... mesurables.
D'abord, l'amour nait sur l'admiration. Trouver en l'autre une source d'étonnement et ouvrir de grands yeux quand en face de vous il ou elle vous raconte les épisodes de sa vie passée ou ses projets. Découvrir la grandeur d'âme de l'autre, ses réalisations, les étoiles dans ses yeux, ses rêves à construire et tout ce qu'il ou elle met comme énergie pour les réaliser... La fierté de tenir sa main et d'être vu(e) à ses côtés... Parler de lui ou d'elle dès qu'on le peut, à la caissière du supermarché, à ses grands-parents, à ses amis, au médecin qui vous examine... Décrire ses qualités, son métier, ses études, sa voix, son sourire... Relire 15 fois ses messages pour la beauté des mots couchés sur le papier ou la douceur de son écriture...
Dans un second temps, l'amour se construit sur la complicité. Celle-ci se décline de plusieurs manières mais souligne toujours une complémentarité. Il ne s'agit pas de trouver en l'autre une copie conforme de soi-même (qui reviendrait à un exercice narcissique) mais plutôt de se trouver en phase, comme deux notes d'une même portée résonnent en harmonie. Cette complicité se tisse au long du temps sur l'inattendu comme sur le quotidien. Ce sont les petits gestes, la phrase commencée que l'autre peut finir, les fous-rires inexpliqués, la main qui se tend ou l'épaule sur laquelle s'épancher...
L'amour, c'est aussi le dialogue. Il permet la découverte de l'autre dans sa réalité tangible mais aussi dans tout ce qui se cache dans les replis de la personnalité et de l'âme. Oser dire à l'autre nos limites, nos peurs, nos souhaits mais surtout savoir que nous ne serons pas jugés. Les mots ne sont pas toujours une obligation, un regard peut suffir. Fondement de la communication, le dialogue efface les obstacles et comble les précipices...
Quatrième ingrédient essentiel : le respect. L'amour se construit et ne peut survivre qu'à travers lui. Respecter l'autre dans ce qu'il est, avec ses forces et ses faiblesses, sans chercher ni vouloir le changer. Qu'il perde ses cheveux ou qu'elle prenne deux kilos, qu'il s'obstine à s'avachir devant un nième match de foot ou qu'elle n'arrive pas à rouler droit en marche arrière... C'est aussi accepter que l'un et l'autre sont en chemin et que parfois l'un va plus vite que l'autre, qu'il faut accélérer ou ralentir mais surtout partir et revenir ensemble.
L'abandon constitue aussi un des éléments clés de l'amour. Manifeste de la confiance, il offre aux deux acteurs de la relation une opportunité de grandir en se laissant aller. Il constitue aussi les fondations d'une relation physique épanouie car c'est en se donnant à l'autre en totalité que l'on passe de la relation sexuelle à un vrai acte d'amour. Le plaisir physique en est intensifié car les barrières tombent. Les corps se confondent et une forme d'unicité est alors atteinte.
Enfin, l'amour ne peut se concevoir sans une pincée de mystère. Connaître beaucoup de l'autre sans tout maîtriser, en lâchant l'illusion du contrôle de sa vie. Le découvrir un peu plus chaque jour en sachant pertinemment que rien n'est jamais acquis et que des zones d'ombre persisteront toujours. Laisser l'autre dans son jardin secret car c'est en se construisant en dehors du noyau amoureux que la relation peut être alimentée. Toutes les expériences de vie, agréables comme douloureuses, deviennent alors matière à échanger et à confronter l'essence du couple au monde extérieur.
On le voit, il n'existe pas de définition limitée de l'amour et il appartient à chacun de dessiner sa propre carte du monde. Je vous invite donc à vous arrêter un instant sur ce que l'amour représente dans vos vies et comment, le cas échéant, vous pouvez le faire rayonner dans tous vos actes, vos pensées et vos ressentis...

"Quand un hasard éveille l'amour, tout s'ordonne dans l'homme selon cet amour, et l'amour lui apporte le sentiment de l'étendue" - Antoine de Saint-Exupéry (Pilotes de guerre)