mercredi 16 septembre 2009

Annoncer une mauvaise nouvelle

Je prépare actuellement une formation autour de l'annonce d'un diagnostic douloureux destinée aux membres du corps médical. Ce cours est né des nombreuses expériences vécues à la fois par mes patients mais aussi de ce que ma famille et moi avons pu expérimenter jusqu'à aujourd'hui dans ce domaine.
Nombre des médecins sont souvent bien démunis quand il s'agit d'annoncer une mauvaise nouvelle à leur patient. En tant qu'êtres humains, la souffrance de l'autre peut s'avérer difficile à supporter et ce même si les soignants possèdent des connaissances et une expérience professionnelle pertinentes. Au moment d'annoncer un diagnostic douloureux, les professionnels de la santé peuvent se trouver confrontés à divers ressentis et émotions parmi lesquels la peur domine. Peur de la mort et de la maladie, peur de se tromper, peur de faire mal, peur de ne pas trouver les mots ou d'être dépassés par les émotions de leur patient... A ceci peut s'ajouter un profond sentiment d'impuissance face à une issue qui peut être fatale. Il est donc essentiel de leur apporter des outils de communication et de connaissance de soi qu'ils pourront utiliser pour améliorer la qualité des échanges avec leurs patients.
Si le corps médical est confronté à tant de difficultés lors de l'annonce d'un message douloureux, le commun des mortels rencontre lui aussi des problématiques similaires. Annoncer une mauvaise nouvelle n'est jamais une démarche simple, que celle-ci intervienne dans le cadre professionnel ou privé. Il est donc fondamental de comprendre le fonctionnement du corps émotionnel de son interlocuteur pour pouvoir, dans un mouvement empathique, s'aligner sur le ressenti de ce dernier et entrer dans une vraie communication de qualité. Mais pour comprendre les émotions de l'autre, il est impératif de reconnaître nos propres émotions ainsi que la manière la plus juste de les apprivoiser. Ceci ne peut se faire qu'en vivant en conscience et en acquerrant les connaissances et réflexes comportementaux qui nous manquent.

"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s'il n’en a d'abord avec lui-même"
Carl Gustav Jung