dimanche 18 juillet 2010

Dire non, mission impossible ?

Qu'il est parfois difficile de dire non, n'est-ce pas ? Il n'est pas toujours de bon ton socialement d'opposer un refus à une demande qui nous est soumise, que celle-ci soit justifiée ou pas. En observant les parents autour de moi, je constate que le processus d'éducation se réalise très souvent dans la contrainte. Les enfants et adolescents sont confrontés aux attentes de leurs parents en matière de bienséance, de tenue à table, de pertinence des activités ou simplement de façon de communiquer. "Tiens-toi droit !", "Non tu ne te maquilleras pas !", "Fais ceci, fais cela...". Et si des limites comme un cadre éducatif sont nécessaires, je ne le nie pas, peu d'explications sur le pourquoi du comment accompagnent ces pseudo ordres parentaux. "C'est comme cela, toi mon enfant tu dois plier et m'obéir !", "Tant que tu vivras sous mon toit, tu feras ce que je te dis !"
Parce que les parents n'ont eux-mêmes jamais appris à identifier ce qui les anime vraiment et à tenir compte de leurs besoins, ils déposent sur les épaules de leurs enfants le poids bien lourd de leurs souffrances personnelles. Face à ces injonctions dénuées de sens, les enfants peuvent réagir de plusieurs manières dont voici une liste non exhaustive:
  1. La soumission : La pression étant tellement intense, les enfants sont contraints de céder et refoulent à l'intérieur d'eux-mêmes leurs attentes personnelles. Ils cèdent. Et s'ils osent en même temps exprimer leur mécontentement (qui n'est qu'un dérivé de la colère...), celui-ci est souvent rejeté par les parents qui l'appréhendent comme une forme de rébellion. Alors, l'enfant mord sur sa chique, ravale sa colère et l'encrypte au niveau psychique. Elle n'a pas disparu, sachez-le. Cette émotion va aller se nicher non loin sous la surface de l'inconscient et attendra le moment idéal, peut-être même l'âge adulte, pour s'exprimer (au sens "sortir de..."). Avec d'éventuels dommages collatéraux... Cette soumission contrainte va créer de futurs adultes en souffrance qui auront bien du mal à tenir compte de leurs besoins, ceux-ci ayant été reniés au moment de leur développement.
  2. La rébellion : Face à une autorité qu'ils jugent abusive, même si au départ elle provenait d'une bonne intention, les enfants se cabrent. Le conflit est frontal ou dissimulé mais il est bien présent. Les enfants refusent en bloc la pression qui leur est déposée et l'intensité du rejet accompagné de son émotion va les rendre incapables d'isoler la demande qui leur est faite d'un contexte précis. Ainsi, si ses parents demandent arbitrairement à l'adolescente de quinze ans de ne pas sortir avec un décolleté plongeant mettant en valeur son bonnet C tout neuf, celle-ci sans explication, ressentira cet interdit comme limitatif et terriblement injuste. Pourquoi en effet est-ce interdit ? Son réflexe de rebelle sera simplement de se mettre en colère le cas échéant et de sortir en claquant la porte (belle rupture de communication en soi...), voire de dissimuler son fameux décolleté le temps nécessaire de n'être plus à vue de ses parents. Une fois en rue, elle retirera son pull et le résultat final, interdit ou pas, sera le même.
  3. L'indifférence : Cette forme de fuite se construit sur un pseudo détachement psychique de l'enfant face à la pression parentale. Il est là sans être là et c'est en se déconnectant de son corps qu'il va pouvoir affronter son enfance comme une peine de prison dont l'issue se situe au mieux à dix-huit ans, au pire à la fin de ses études. Cette indifférence va venir gangréner la qualité de la relation entre l'enfant et ses parents mais aussi empêcher le futur adulte de vivre en conscience, car il aura tendance à se déconnecter de lui-même face à une difficulté. Contrairement à la soumission qui est un processus conscient, l'indifférence se tisse majoritairement à un niveau inconscient.

Dire non est difficile car nous ne l'avons jamais appris et que certaines programmations sont intégrées au plus profond de nos cellules. Les causes à cette difficulté sont multiples mais résident toujours dans un programme de notre mémoire vive qui disfonctionne parce qu'il n'est pas remis en question. Si ce thème vous interpelle et résonne en vous, je vous encourage à vous interroger sur cette difficulté qui est la vôtre. Quelle en est la cause ? Vous appartient-elle réellement ? Ne serait-il pas intéressant de vous pencher sur cette cicatrice qui se fait parfois sentir douloureusement ?

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