dimanche 30 août 2009

L'influence de nos blessures d'enfant sur notre vie aujourd'hui




Mon travail mais aussi ma personnalité me poussent à observer et tenter d'analyser mon environnement, qu'il s'agisse de situations de communication ou de comportements chez mes contemporains. Longtemps je me suis réfrénée pour ne pas indisposer les personnes qui m'entourent. Mais comme il bien est difficile de lutter contre un penchant naturel, je me suis fixée des règles strictes parmi lesquelles le non-jugement occupe une place de premier choix.
En fait, observer ce qui se passe autour de moi est une occupation très riche car elle me permet de me confronter à la différence de points de vue et d'en tirer des enseignements qui me font évoluer.
Hier, dans le cadre d'une conversation, j'ai été amenée à réfléchir à nouveau aux comportements que nous déployons dans notre vie adulte suite aux apprentissages conscients et inconscients de notre vie d'enfant. L'environnement dans lequel nous avons grandi a une influence non négligeable mais pas immuable sur notre existence et nos choix de vie.
Ceux qui me connaissent n'ignorent pas ma passion pour les transmissions transgénérationnelles mais ce n'est pas de celles-ci dont je fais état aujourd'hui. Je suis plus tentée ce matin de vous parler de toutes ces souffrances vécues dans notre petite enfant qui ont une influence sur nos comportements d'aujourd'hui.
Prenons l'exemple de la vie amoureuse ou de la vie familiale. Ce que nous avons vécu petits, comme un divorce ou un sentiment d'abandon parental, peut conditionner un certain nombre de choix aujourd'hui. En effet, n'est-il pas logique d'avoir tendance à reproduire inconsciemment ce que nous avons vécu dans le passé, en faisant de même ou en adoptant un comportement totalement à l'inverse de la situation passée (ce qui revient au même) ?
Je m'explique. Vous avez trois ans et vos parents divorcent. Votre garde est attribuée à votre mère qui, trop jeune ou mal dans sa peau, va vous confier à ses propres parents et espacer de plus en plus ses visites. Vous accumulez alors des mémoires d'abandon qui, sans que personne ne s'en rende compte, vont se glisser dans les plis de votre psychisme.
Abandon du père d'abord qui ne vous voit plus tous les jours. Même si cela est dû à une décision du juge et que l'amour paternel reste intact, vous, petit enfant, ne tenez pas compte de cet aspect et restez bien souvent dans une incompréhension mêlée de tristesse et de colère. Abandon de la mère ensuite qui est un véritable déchirement pour vous encore si petit... Des questions se poseront sans doute autour du couple qui, en explosant, a distillé dans vos propres croyances un poison à effet retardateur. Comment y croire quand vous serez adulte ? Ou encore comment ne pas surinvestir la relation? Quoi qu'il en soit, il y a des chances (même si rien n'est définitivement écrit ou automatique) que lorsque un homme ou une femme frappera à votre porte, vous mettiez en place inconsciemment des pièges relationnels qui feront capoter cette relation amoureuse. Juste pour la faire correspondre à ce que vous avez toujours connu et vécu. Ceci est une forme d'auto-sabotage qui est assez logique mais qui n'en est pas moins douloureuse.
Mais, me direz-vous, sommes-nous condamnés à répéter inlassablement les comportements du passé ? Est-ce définitivement foutu ?
Je ne le pense pas.
La nature humaine, l'étincelle de vie qui brûle en chacun de nous mais aussi la force insoupsonnée qui se cache en nous sont des ressources inestimables quand il s'agit de panser d'anciennes plaies. Oser affronter ses démons intérieurs est déjà en soi une démarche de guérison. Prendre symboliquement par la main l'enfant que nous étions et essuyer ses larmes de notre main d'adulte, être pour lui le référent qu'il n'a pas trouvé en son temps sont déjà des ébauches de solution. L'amour pour soi et pour l'autre au sens inconditionnel du terme peut nous permettre, après avoir accepté et nous être pardonnés la tristesse, la colère, la haine peut-être..., de redonner des couleurs et un élan de vie à notre existence. Je crois profondément en l'homme et en ses ressources. Il est ici question de choix. Choix de vivre ou de souffrir. Choix d'avancer ou de rester statique. La liberté se cache là aussi.